« Parce que l'avenir de notre société, et avec lui celui de St-Luc – Chandolin, ne s'improvise pas : il s'anticipe. »
À l’occasion de l’Assemblée générale des actionnaires du 29 août 2026 et de la mise en ligne du site Vision 2045, Patricia Chardon Kaufmann, présidente de Funiculaire St-Luc – Chandolin SA, revient sur les défis qui ont conduit à définir cette vision à long terme. Elle évoque les choix stratégiques qui la sous-tendent, les priorités qui guideront son déploiement et la manière dont la société entend concilier développement de la destination et préservation de ce qui fait son identité.
Pourquoi établir une Vision 2045 aujourd'hui ?
Parce que l'avenir de notre société, et avec lui celui de St-Luc – Chandolin, ne s'improvise pas : il s’anticipe. Nous sommes à un moment charnière de notre histoire, avec une part importante de nos installations qui arrive en fin de cycle de vie et des conditions d'accès au domaine qui atteignent désormais leurs limites, notamment au départ du funiculaire de St-Luc. Nous avons choisi de transformer ces contraintes en opportunités pour préparer l'avenir, en adaptant la destination aux évolutions du climat et aux nouvelles attentes touristiques.
Quel est le cap visé ?
Le cap est clair : contribuer à renforcer durablement l'attractivité de St-Luc – Chandolin, tout en préservant ce qui fait son âme. À travers les installations dont nous avons la responsabilité, nous voulons accompagner l'adaptation de la destination aux évolutions du climat et du tourisme, en recherchant en permanence le meilleur équilibre entre attractivité touristique, vitalité des villages et préservation de leurs qualités.
Comment passer des intentions aux réalisations concrètes ?
La Vision 2045 fixe une direction, pas un calendrier figé. Les 18 initiatives ne sont pas toutes au même stade d'avancement. Trois projets sont aujourd'hui engagés : le renforcement de l'enneigement technique, le rétrofit du funiculaire et la création d’un espace dédié aux familles dans le secteur du Tsapé à Chandolin. Les autres initiatives sont des avant-projets. Leur réalisation dépendra des études en cours, de leur faisabilité technique et financière, des décisions qui seront prises et, le cas échéant, des procédures communales d’aménagement du territoire.
Investir dans l'enneigement technique est-il encore un choix responsable aujourd'hui ?
Le réchauffement climatique ne signifie pas la disparition de l’hiver, mais une plus grande variabilité des conditions d’enneigement. Comme la plupart des destinations valaisannes bénéficiant d’un fort ensoleillement, St-Luc – Chandolin s’appuie sur l’enneigement technique pour compléter l’enneigement naturel. Notre responsabilité est donc de moderniser le dispositif actuel pour préserver l’activité hivernale à long terme, tout en privilégiant une utilisation plus efficiente des ressources. C’est précisément le sens de ce projet. Historiquement, l’enneigement technique reposait sur les surplus d’eau potable des réservoirs communaux. Le projet prévoit désormais de recourir à de l’eau non potable provenant du barrage de l’Illsee et d’améliorer significativement l’efficacité énergétique du dispositif. L’altitude reste enfin un atout déterminant : avec une grande partie de ses pistes située au-dessus de 2 220 mètres, St-Luc – Chandolin dispose de conditions qui donnent tout son sens à cet investissement à long terme.
En quoi les accès au domaine skiable sont-ils un enjeu pour l’avenir de St-Luc – Chandolin ?
A St-Luc, plus d'un skieur sur deux accède au domaine par le funiculaire, provoquant une saturation des parkings lors des pics de fréquentation, tandis qu'à Chandolin, les installations ont été implantées à l'extérieur du village en raison des contraintes de stationnement. Améliorer les accès au domaine est donc essentiel pour l’attractivité de la destination. Cette évolution doit aller de pair avec le développement de l’hébergement touristique, afin de privilégier davantage une clientèle séjournant sur place plutôt qu’une augmentation du trafic à la journée. À Chandolin, cette orientation conditionnera d’ailleurs la réalisation d’une liaison directe entre le centre du village et le Tsapé, pensée en priorité pour cette clientèle.
Au-delà de vos installations, quel rôle votre société entend-elle jouer dans l'avenir de St-Luc et Chandolin ?
L'avenir de notre société est indissociable de celui de St-Luc et Chandolin. Notre responsabilité est d’offrir un domaine attractif, car c'est de lui que dépend notre avenir. Une société qui investit, qui innove et qui se développe soutient également la vitalité des villages. Derrière nos installations, il y a des emplois, des commerces, des entreprises locales et une économie qui vit toute l'année. C'est cette communauté d'intérêts qui donne tout son sens à la Vision 2045.