Enneigement technique du domaine skiable
Présentation
Le domaine skiable de St-Luc – Chandolin, exploité par Funiculaire St-Luc – Chandolin SA, recourt à l'enneigement technique depuis les années 1990. Aujourd'hui, son réseau couvre environ 20% des pistes, soit 12 km, principalement alimenté par les trop-pleins des réservoirs d'eau potable de la commune d’Anniviers. Situés au-dessus des villages, ces réservoirs nécessitent ensuite un important pompage jusqu'aux secteurs d'altitude du domaine skiable. Ce dispositif s’inscrit dans le contexte de son développement initial, à une période où les besoins en enneigement étaient plus limités et où les enjeux liés à la gestion de la ressource en eau ne se posaient pas avec la même acuité qu’aujourd’hui.
Face à l'évolution des conditions climatiques, ce système atteint désormais ses limites. Ce projet vise à renforcer les capacités d'enneigement du domaine skiable tout en améliorant la gestion de l’eau et de l’énergie nécessaires à la production de neige.
Une nouvelle alimentation en eau non potable depuis l’Illsee
Le projet prévoit de raccorder le réseau d’enneigement au barrage hydroélectrique de l’Illsee, dont le volume de stockage atteint 6,5 millions de m³. Les besoins en eau à terme, estimés entre 200'000 et 300'000 m³ par an, représenteraient environ 3 à 5% du volume total du lac. Cette eau, prélevée temporairement pour la production de neige avant de retrouver le milieu naturel lors de la fonte, permettrait de renforcer les capacités d'enneigement tout en abandonnant le recours aux surplus d'eau potable utilisés jusqu'ici. Elle s'inscrirait également dans une logique d’optimisation de la ressource, en compensant en partie l’eau soustraite à la production d’électricité par les gains d’efficacité énergétique liés à la modernisation des installations d’enneigement technique.
Une efficience énergétique optimisée
Au-delà du renforcement des capacités d’enneigement, le projet intègre une refonte complète du système d'alimentation en eau et le renouvellement des principales infrastructures nécessaires à la production de neige. Ces évolutions contribueront à améliorer l'efficience du système, notamment en réduisant les besoins de pompage et en valorisant une partie de l'énergie produite par les installations.
Une empreinte limitée sur le paysage
Pensées pour accompagner les développements du domaine à l’horizon 2045, les futures infrastructures seront réalisées en grande partie sous terre afin de limiter leur impact paysager. Elles seront assorties d’une mesure de compensation environnementale consistant en l’utilisation des conduites d’enneigement pour améliorer, en été, l’alimentation du bisse de la Remointze et des milieux humides qui lui sont associés.
Le projet et ses étapes
La réalisation du projet est prévue en trois temps :
Dès 2028
La première étape portera sur la sécurisation et la modernisation de l'alimentation en eau. Elle reposera sur le raccordement du réseau d'enneigement au barrage de l'Illsee et sur la création d'une nouvelle chaîne d'acheminement de l'eau jusqu'aux installations existantes.
Le dispositif comprendra notamment une station de pompage enterrée à l'Illalp, des conduites souterraines franchissant l'Illpass ainsi qu'un nouveau bâtiment technique au Tsapé, appelé à accueillir la principale station de pompage de St-Luc - Chandolin. Raccordée au réseau d'enneigement existant dans le secteur du Rotsé, cette nouvelle installation centralisera une partie des équipements aujourd'hui répartis sur l’ensemble du domaine skiable.
Cette étape s'accompagnera également des premiers renforcements de l'enneigement technique dans la partie basse de la piste du Col et sur la liaison avec le secteur du Pas-de-Bœuf, avec 5,5 kilomètres de pistes supplémentaires équipés.
Entre 2031 et 2035
L'enneigement technique pourra ensuite être déployé sur de nouvelles portions du domaine skiable. Cette étape concernera les deux pistes du Col ainsi que les parties basses des pistes du Prilet et de l'Illhorn jusqu'à Chandolin. Quelque 11 kilomètres de pistes supplémentaires bénéficieront ainsi de l'enneigement technique, consolidant les conditions d'exploitation hivernale sur des secteurs stratégiques du domaine.
Après 2035
Cette dernière étape prévoit l'extension de l'enneigement technique aux pistes de l'Armina et des Sources, ainsi qu'aux parties supérieures des pistes du Prilet et de l'Illhorn. Ce sont ainsi 10,7 kilomètres supplémentaires qui seront couverts par le réseau.
Bénéfices attendus
Une offre hivernale plus fiable
Aujourd'hui, l'enneigement technique couvre environ 20% du domaine skiable et atteindra 65% à terme, ce qui correspond aux standards des stations valaisannes ensoleillées. St-Luc – Chandolin disposera ainsi d'une capacité nettement accrue à garantir des conditions de ski adaptées tout au long de la saison.
Cette extension du réseau s'accompagnera d'une amélioration significative de ses performances : le temps nécessaire à l'enneigement des pistes passera d'environ 300 heures à près de 70 heures, offrant davantage de souplesse dans la préparation des pistes et une meilleure fiabilité de l'exploitation hivernale.
En préservant la qualité de l'offre de ski sur une part beaucoup plus importante du domaine, le projet contribuera à maintenir l'attractivité de la destination à long terme et à soutenir la vitalité économique des villages de St-Luc et Chandolin.
Une meilleure gestion de l’eau
Le principal bénéfice du projet réside dans l'abandon du recours aux excédents d'eau potable des réservoirs communaux pour la production de neige. À terme, le recours à l’eau non potable provenant du barrage de l’Illsee permettra d’étendre le réseau d’enneigement technique de 12 à 39,2 kilomètres de pistes. Le projet gagnera également en efficacité : avec un volume d’eau environ deux fois supérieur, la surface enneigée sera multipliée par trois, sans recours à l’eau potable.
De plus, à titre de mesure de compensation environnementale, le système contribuera, en période estivale, à l’alimentation du bisse de la Remointze et des milieux humides qui lui sont associés.
Cette évolution représente une avancée importante dans la gestion de la ressource en eau. Elle reflète une approche plus responsable et plus adaptée aux enjeux de notre époque, tout en contribuant à assurer l'avenir de la destination.
Une réduction marquée des besoins énergétiques dès 2029
A partir de 2029, le nouveau système devrait permettre de réduire sensiblement les besoins énergétiques liés à la production de neige, grâce à un acheminement de l’eau limité à quelque 300 mètres de dénivelé, contre près de 1’000 aujourd’hui. Ce changement, associé au renouvellement des infrastructures et à la centralisation d'une partie des équipements, améliorera de manière significative l'efficience énergétique du système. Le projet prévoit également de récupérer la chaleur produite par les installations pour chauffer le nouveau bâtiment technique et de produire une partie de l'électricité nécessaire à son fonctionnement grâce à des panneaux photovoltaïques.
Point de situation
Le processus de sélection du fournisseur est en cours. La décision pour la réalisation de la première étape du projet devrait intervenir au début de l’automne 2026.
Les prochaines étapes porteront sur la finalisation des conventions avec les parties prenantes concernées – les alpages de Chandolin et de l’Illalp, ainsi que la société Argessa, propriétaire du barrage – puis sur la mise à l’enquête du projet à l’automne 2026.
Financement
Les modalités de financement seront précisées à l’issue du processus de sélection du fournisseur, actuellement en cours.
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